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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 00:37

Pierre-Paul Nélis, qu’il me fait joie de baptiser « le Sanglier des Ardennes belges », fut l’un des membres de l’Académie Balzac. Homme de talent et de sensibilité, créateur jusqu’au bout de lui-même, artiste excessif et turbulent dont la brutalité verbale n’est pas toujours appréciée a, ce que l’on pourrait appeler d’une façon triviale, du poil aux fesses ! En ma qualité d’ancien marin, je puis certifier que c’est avec des hommes de cette trempe que l’on peut appareiller et affronter les turbulences, celles de l’océan comme celles de la vie. Pierre-Paul Nélis est devenu un ami, un complice de traversée. Aujourd’hui, il vient de publier un roman Garde-meubles et petite valise.(éditions Brumerge – Belgique). Pour ce roman, il m’a demandé de lui écrire une préface. Ce fut un honneur, un bonheur et une haute satisfaction pour moi d’avoir répondu à son appel. Pour se procurer ce Garde-meubles évitez d’avoir recours à un déménageur ! Entrez directement en relation avec l’auteur : ppnelis@gmail.com

Vous trouverez ci-dessous la préface que j’ai consacrée à Pierre-Paul Nélis, ce Sanglier des Ardennes belges qui écrit, à la page 163, que « Pierre jette son pull sur les épaules de son épouse ». Il fait frais, réfugions-nous dans le Garde-meubles !   

 

Préface

 

Dans son œuvre comme dans la vie, Pierre-Paul Nélis est un chevalier de la volupté habité par un esprit frondeur, baroque, et tout en même temps poignant ! Contrebandier de lui-même il tente en permanence de franchir ses propres frontières pour aller plus loin que lui-même, dans des espaces qu’il a su baliser pour se bien grimer et suspendre au vestiaire de ses lecteurs une pèlerine quelque peu différente de celle qu’il donne à voir !

Sous des apparences frivoles, primesautières, et un discours décongestionné de toutes les scories de sa trajectoire, grâce aux ventouses scarifiées que lui impose la vie, Pierre-Paul Nélis n’hésite pas à franchir tous les octrois possibles pour tendre, avec ceux qui viendront à sa rencontre, un lien primordial, une manière privilégiée d’être entendue.

Cet artiste, au talent multifactoriel, comme une pathologie aux causes les plus diversifiées, a une démarche psychologique d’une haute complexité ! Car, plus qu’un autre, il sait que l’humain se place des œillères devant les yeux. Par ailleurs, parfaitement conscient que l’évolution du monde qui devient délirante  est à nos trousses, dans une écriture accessible au plus grand nombre, il entend faire passer des messages qui appartiennent au clavier de la vie quotidienne. Chacun, en fonction de sa sensibilité, de son pouvoir émotionnel, de sa géographie interne, peut décrypter un prétexte à lui-même, à son histoire, à son émerveillement, à sa tragédie !

Son art de la simplicité n’est pas synonyme de simplification, car, même quand, avec une grande économie de moyen, il écrit La nuit est froide, Pierre Nélis peint, à la manière de Malevitch, des carrefours de l’Univers où se retrouvent les grands égarés de la vie.

Derrière le parapet des mots et la syntaxe du cœur s’édifie une œuvre qui ricochera sur les vagues bosselées d’un océan difficilement praticable. Mais, sur le débarcadère de l’inattendu, il y aura toujours les inconditionnels de Pierre-Paul Nélis ! Ils accueilleront l’écrivain, l’artiste, le funambule en permanent équilibre sur les nervures du vent. Ils lui porteront ainsi témoignage de l’incommensurable confiance qu’ils placent dans sa démarche déhanchée qu’il met, d’une façon dadaïste, au service d’une cinématographie baroque, avec des images saccadées, mouvantes, et peintes aux couleurs d’une certaine modernité. Pierre-Paul Nélis : un spectateur effronté du monde chaotique actuel,  une personnalité attachante et bien charpentée pour affronter les bourrasques d’un séisme interne qui le garrotte en permanence, une voix qui mérite de se propager comme les ondes d’un ricochet contagieux.                               

 

Michel Dansel

 

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Published by Michel Dansel
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