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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 18:28

marelleAu porche du cloître, il demanda l'aumône d'un morceau de pain, l'ombre d'un cheval surgit des ténèbres et l'épouvanta.

GEORG TRAKL

 

Les mégots ont des secrets tout comme les fleurs sauvages

 

pour l'homme des derniers métros


celui que l'on croise sur les quais aux sorties de spectacles


le pas chargé d'une lassitude acquise par un âge où la misère a trop d'emprise


il s'approche d'un mégot éventré encore tiède qui bave à la grille

 

à lui seul semble-t-il revient ce besoin de crachat jamais promis encore


l'homme se baisse et ramasse le mégot


le mégot en forme de palourde le mégot affreusement


mutilé le mégot messager et colporteur d'infortune.

 

Station Opéra, 23 heures 45, 10 novembre 1961.

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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 19:32

Michel Dansel est un auteur qui a publié beaucoup de textes. Comme il a décidé, il y a longtemps de vivre seulement de sa plume, il a écrit de nombreux livres comme "fantômes de la plume" (ou "nègre" en écriture) mais Michel Dansel est, avant tout un poète très original. C'est un "insurgé à temps complet" comme il se qualifie lui-même. Grand prix de l'humour noir, il a créé une Académie internationale du rat.

Au cimetière du Père-Lachaise, sur lequel il a écrit plusieurs livres, il a trouvé cette épitaphe sur une tombe pour un défunt qui se nommait "Pinard" : "mort en vain... !"

Michel Dansel est à la fois un homme imaginaire et de l'imaginaire, mais aussi un homme d'une très profonde sensibilité. Je le connais depuis plus de cinquante ans.

Écoutez cet entretien avec lui sur radio-campus, le 14 janvier 2010


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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 19:10

Les excentriques par Michel Dansel partie 2


 

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 18:56

couv-segent-copie-1.jpgAvant-dire


Parmi les perversions les plus extravagantes il en est une, aussi invraisemblable que mal connue, qui n'a de panthéon que dans le mythe, l'imaginaire et la fiction littéraire, picturale ou cinématographique. Le grand public incrédule, peut-être par un souci de tranquillité d'âme, a préféré la reléguer et la verrouiller à double tour dans l'arrière-boutique de ses ancestrales frayeurs pour la mieux coaguler dans l'édifice de la légende. Il s'agit de la nécrophilie. Cette inclination morbide existe bel et bien. Elle se perpétue depuis les temps les plus reculés de l'humanité. Les Égyptiens, par exemple, comme nous le relate Hérodote (Histoires, livre II, chapitre 89), accordaient une confiance bien limitée à leurs embaumeurs : « Les épouses des notables d'Égypte, après leur mort, ne sont pas livrées immédiatement aux embaumeurs, surtout quand elles ont un renom de beauté. On attend trois ou quatre jours. Les Égyptiens font cela pour que les embaumeurs ne profanent point le corps de ces femmes. »

 

Nos dictionnaires datent la naissance du mot nécrophilie en 1861 et l'associent au nom de Monneret. Il semblerait cependant que la paternité en revienne à un aliéniste belge, le dt r Guislain. Il fit entrer le nécrophile « dans la catégorie des aliénés destructeurs ». Avant cette date le terme de vampire désignait indistinctement le mort qui, selon la superstition populaire, désertait de temps à autre le royaume des ombres pour accomplir dans la vie des actions maléfiques, et le profanateur de cadavres.

Il y eut au XVIIIe siècle une véritable épidémie vampirique. les écrivains tels que Voltaire et Jean-Jacques Rousseau, pour ne citer que ceux-là, n'hésitèrent pas à évoquer ces créatures infernales, au sens chrétien du terme. Le mot vampire, d'origine serbe et magyare, dont l'apparition dans notre langue est attestée en 1746, a très vraisemblablement été employé la première fois en 1717 dans Relation d'un voyage du Levant de Tournefort. Toutefois, la superstition des vampires remonte aux premières heures du Moyen Age en Europe centrale et notamment dans la région de Transylvanie. Quant à la terreur du vampirisme, elle semble inscrite depuis fort longtemps dans le code génétique de l'homme qui a toujours eu peine à croire que les morts pouvaient être des morts à temps complet. Et s'ils s'échappaient tous ensemble de leur tombe pour exterminer les vivants? Cette vision panique a, par le passé, encombré bien des esprits.

 

Il existe pourtant une différence fondamentale entre le suceur de sang sorti de son tombeau avec des idées vengeresses, qui n'hésite pas à s'unir charnellement avec des vivantes, et l'homme habité par d'effroyables tempêtes internes qui ne parvient pas à maîtriser ses pulsions au point de rechercher par tous les moyens l'assouvissement de ses macabres désirs sur des trépassés.

 

Le très extraordinaire sergent Bertrand à qui nous consacrons ce livre fut, pour sa part, un nécrophile de la plus pure espèce, un spécimen d'une infinie rareté, un cas clinique type pour les professionnels de la santé mentale. Il plongea dans l'effroi les populations de son temps et les faits dont il se rendit coupable sont d'une nature si étrange que l'imagination a peine à les admettre. Cette affaire, considérée comme incroyable, suscita, malgré tout, l'intérêt et la curiosité d'un certain nombre d'amateurs d'histoires fantastiques puisées à même le vivier de la réalité la plus terrifiante. Cet homme jeune, si cultivé, si raffiné, si lucide et si perfectionniste dans l'art de découper les mortes après les avoir cajolées convenablement, fascina, il faut bien en convenir, non seulement les collectionneurs d'étrangetés psychologiques mais aussi des écrivains, des graveurs, des peintres...

 

Ce militaire aux très bonnes manières, du moins avec les vivants, fut, en quelque sorte, victime d'une ambiguïté linguistique. En effet, en 1849, date à laquelle le 2e conseil de guerre de Paris le jugea pour « violation nocturne de sépultures et mutilation de cadavres », le mot nécrophile n'avait pas encore fait son apparition. Pour la presse comme pour les autorités civiles, militaires et médicales il s'agissait donc d'un vampire. Dans l'esprit du grand public il n'existait de ce fait aucune différence entre l'épigone d'un Dracula issu des légendes et des croyances populaires et un homme de la réalité quotidienne qui s'acharnait sur des mortes avec un instinct destructeur d'une rare magnitude. Le personnage qui viola le tabou passa donc soit pour un simple d'esprit, soit pour une créature mythique.

 

Nombre de nos contemporains immédiats refusent l'idée d'un tel particularisme comportemental. Ils l'attribuent aux facultés d'affabulation de ceux qui en font état. Au risque de bousculer leurs certitudes, qu'ils admettent une fois pour toutes que la nécrophilie n'est pas l'apanage d'une époque. Même si elle ne portait pas ce nom savant avant 1861, elle perdure depuis les temps les plus lointains et rien ne peut l'exclure de l'actualité. Car, au départ, elle se trouvait dissimulée dans les bagages de l'homme initial, au même titre que la frayeur des fantômes ou la peur de la nuit. De nos jours, il ne faut pas se voiler la face, vivent parmi nous des nécrophiles flagrants qui recherchent, chaque fois que l'occasion leur en est donnée, à sexualiser leurs rapports avec des trépassées. Il s'agit, fort heureusement, de cas pathologiques isolés que l'on rencontre plus particulièrement chez des personnes qui, de par leur profession, côtoient la mort.

Éros et Thanatos ont toujours partagé le même lit. Toutefois, que notre lecteur se rassure! Pour notre part, la femme vivante accapare suffisamment notre esprit, nos sens et notre raison d'être sur toute la largeur du clavier de notre quête existentielle sans que nous ne ressentions le besoin de vouer aux trépassées des sentiments autres qu'empreints de désolation et de respect. Seulement pour nous, dans notre démarche vers l'insolite en prise directe avec le réel, toute vérité constitue une source de lumière. Voilà qui nous conduit aujourd'hui à nous pencher sur le cas du sergent Bertrand un peu à la manière d'un entomologiste qui, pendant quelques heures de sa vie, décide d'observer un insecte rare.

 

De longue date nous connaissions la renommée de ce sulfureux personnage. Nous l'avions croisé moult fois dans nos lectures et à l'occasion de nos recherches. A deux reprises il nous a même été donné, dans le livre que nous avons consacré au cimetière du Père- Lachaise et dans celui où nous racontons l'histoire des différents champs de repos de la capitale, d'évoquer sa pathologie en quelques pages, en nous contentant, dans les deux cas, de reproduire quelques extraits des ahurissantes déclarations qu'il fit publiquement au moment de son procès.

 

Au fil des années il nous a fallu tenter de rassembler ce qui était épars aux fins de construire, avec le ciment de la patience, une mosaïque cohérente.

 

Jusqu'à ce jour, et à notre connaissance, aucune étude d'ensemble n'a traité à la fois de la vie du sergent Bertrand et de sa pathologie dont la Faculté s'est courageusement emparée au moment des faits. Cependant, notre nécrophile inspira au moins deux romans : La Bête noire de Guy de Wargny (le Dinosaure, 1965) et Le Loup-Garou de Paris de Guy Endore (NéO, 1987). Dans leur Musée des vampires (Henri Veyrier, 1976) Roland Villeneuve et Jean-Louis Degaudenzi nous précisent que Guy de Wargny « transforma Ber¬trand en un croque-mort modèle, dévoré par l'ambition d'implanter des salons funéraires en tous les endroits du globe ». Quant à Guy Endore, écrivain américain très mal connu en France (1900-1970), il publia son Loup-Garou de Paris sous le titre original The Werewolf of Paris en 1933. Ce livre a été traduit de l'américain et présenté par Jacques Finné qui prévient le lecteur qu'il s'agit bien « d'une projection romanesque de l'authentique sergent Bertrand ». ans son introduction il écrit : « Guy Endore, usant de ses droits de romancier, a choisi une fin pour Bertrand, une fin imaginaire mais plausible. C'est de cette même liberté, d'ailleurs, qu'il s'est servi pour déplacer la chronologie. » Outre ces deux ouvrages, nous supposons que Léon Gozelan a été influencé par l'affaire du sergent Zertrand quand il intitula l'un de ses romans Le Vampire du Val-de- Grâce (1861). Pour la petite histoire littéraire, nous relèverons que dans leur Journal en date du 8 juin 1857 les Goncourt notent que ii arbey d'Aurevilly, dans un article paru dans Le Pays, le 4 juin 1857, les a traités de « sergents Bertrand de la littérature » à propos de leurs intérêts littéraires et notamment de la publication de Sophie Arnould et des premiers Portraits intimes.

 

Dans les quelques livres et articles où apparaît le sergent ertrand, les points d'interrogation succèdent aux points d'interrogation et les versions les plus fantaisistes fleurissent quant à la destinée que connut notre jeune militaire après le 10 juillet 1849, date de son procès. Dans sa thèse en médecine soutenue le lundi 23 décembre 1901 à la faculté de Lyon, le très sérieux Alexis Épaulard, qui se pencha tout particulièrement sur le cas de Bertrand, écrit à propos de notre nécrophile :

« Il déclara au Dr Lunier que, grièvement blessé, il pourrait rentrer dans l'armée en qualité de simple soldat comme il en avait le droit, sa condamnation purgée, et qu'il partirait à l'étranger. »

 

 Il accomplit sa peine à la prison de Belle-Ile-en-Mer. Puis? [...] voilà qui serait extrêmement intéressant de savoir. La guérison fut-elle complète? Bertrand ne présenta-t-il jamais de troubles mentaux graves? »

 

Pour Emmanuel Car, dans le numéro de Détective du 3 septembre 1936, « François Bertrand, le vampire, avec l'héritage de son père, mort de honte avant le procès, acheta un petit commerce de vin à Bordeaux, se maria... Et il eut beaucoup d'enfants! »

Dans son Guide pittoresque et occulte des cimetières parisiens (la Table Ronde, 1972), Pierre Marie' nous dit que Bertrand « se suicida après sa sortie de la geôle du Cherche-Midi, où il avait été un prisonnier modèle ». Ce même auteur nous avait déclaré six ans plus tôt, dans le tome H du Guide de Paris mystérieux (Tchou, 1966) : « Il accomplit sa peine au bagne de Belle-11e. On ignore ce qu'il devint ensuite. » Quant à Jacques Finné, dans son introduction au Loup-Garou de Paris, dont il a été question plus haut, il s'interroge : « lu sort final de Bertrand, nul ne sait, rien. Est-il redevenu « normal » après sa sortie, comme il le laisse sous entendre dans les dernières lignes de sa confession? A- t-il épousé une paysanne avec qui il aurait tenu un petit troquet populaire? A-t-il, une fois l'Europe parcourue, cherché fortune en Amérique ou se serait-il fixé comme entrepreneur de pompes funèbres en compagnie d'une aimable teutonne? » Pour cette dernière hypothèse l'auteur nous renvoie à une note : « Opinion (romanesque) de Guy de Wargny. »

 

Nous nous garderons bien de porter un jugement de valeur sur le travail de nos prédécesseurs. Toutefois, pour notre part, nous nous sommes livré à une longue et méticuleuse enquête qui nous a permis de retrouver, pièces d'archives en main, ce qu'était devenu le sergent Bertrand après son procès ainsi que le lieu et la date de sa mort. Malheureusement, certaines zones d'ombre demeurent. Elles émaillent la vie de ce gentil garçon, grand dépeceur de personnes déjà mortes devant l'Éternel qui, par ses pulsions cycliques et nécropolitaines, permit aux spécialistes de la médecine mentale d'enrichir leurs connaissances sur une déviance mal connue.

 

Si parmi nos lecteurs il s'en trouve de trop impressionnables, au sens photographique du terme, qu'ils soient assurés que l'authentique histoire du sergent Bertrand risque, de par la nature même des déclarations de notre personnage, de les précipiter dans de sombres tourbillons et de leur provoquer d'insupportables cauchemars.

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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 19:41

Les excentriques par michel Dansel

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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 12:50

couv-14.jpgCe livre est une fresque historique qui retrace les différentes étapes de la formation du 14e arrondissement. L'auteur sillonne les trois monts (Montparnasse, Montsouris, Montrouge) et tout ce territoire qui, avant 1860, n'était pas encore rattaché à la Ville de Paris. Il évoque successivement les hauts lieux de cet arrondissement, notamment le Montparnasse des années 20, le parc Montsouris, la Cité universitaire, l’Observatoire... Il est également question dans cet ouvrage des barrières, des fortifications, de la zone, du marché aux puces, de Notre-Dame-du-Travail comme de certains édifices qui portent témoignage de la tradition hospitalière ou conventuelle...

 

Michel Dansel, écrivain ancré dans le 14e de fort longue date, voue à l'amitié, à l'humour et à la poésie un culte contagieux. Docteur en littérature et en civilisation française, diplômé de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes, prix du Quai des Orfèvres, prix de l'Humour noir, prix des Bouquinistes, médaille de Vermeil de la Ville de Paris pour ses différents ouvrages sur la capitale, il porte haut dans son cœur les multiples quartiers de son arrondissement.

 

 

Il me fait joie de dédier ce modeste livre à tous ceux et à toutes celles qui, souvent à leur insu, ont contribué à intensifier en moi l'impérieuse, l'excessive et la vitale nécessité de me reconnaître en permanence, comme dans un miroir, au fil de mes déambulations dans le 14e arrondissement. Ils sont fort nombreux, certes !


Je n'en citerai que quelques-uns. Je songe notamment à René et à Geneviève, les gardiens des 9, 11 et .13 de la rue Friant ; aux gardiens du 20 de l'avenue Paul Appell et à ceux du 117 boulevard Jourdan ; au docteur Richard Sartène ; au personnel du « Zeyer » ; à Constantin et à Gwenale Hagondo¬koff, des flammes vives d'un Montparnasse des Arts et des Lettres qu'ils ne cessent de célébrer ; aux bons amis du « Gasparino », et notamment à Enzo ; au Grand Maître de « L'Olivier » ; à Mme Chantal Brocard ; à Patrick Cardon ; à Nicolas Novikov et à son épouse, les maîtres d'œuvre du « Zakouski » ; aux pilotes de « Amuse bouche » ; à Jean et Catherine Magne ; à tout le personnel marin du « Bistrot du Dôme » , et notamment à Gilbert, ce capitaine d'exception ; à Kamal et à Habiba, ces amis de sable, de pyramides et de lumière.

 

Une mention toute particulière revient à mes amis François Cosson, la poutre maîtresse d' « Optimus », à Montrouge, et à Carla, qui vouent à l'amitié un culte contagieux.

 

Cette énumération n'est pas exhaustive, loin de là J'y associe très volontiers toutes celles et tous ceux qui portent haut dans leur coeur le 14e arrondissement. Sans aucune distinction, ils sont de ma croisière ! Je leur dédie donc également ce livre, en témoignage de complicité sur la mosaïque d'un territoire dans lequel je m'estime pathologiquement de pleine souche et de complet feuillage.

 

Pour commander l'ouvrage : http://dansel.routedesmiels.com/

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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 15:29

couv-cimetiereCette invitation à la flânerie dans tous les cimetières de Paris constitue, non seulement une fresque historique, mais encore une promenade insolite, inattendue, parsemée de drôleries et de découvertes. Dans ce livre, Michel Dansel, "nécropolitain" invétéré, passe en revue les dix-neuf champs de repos "vivants", c'est-ii-dire en activité, que compte la capitale.

 

L'auteur, prix de l'Humour noir, nous entraîne dans toutes ces enclaves feuillues avec un esprit frondeur, et parfois même fripon. Dans un texte introductif riche en informations et en réflexions, i0 déclare qu'il préfère être vivant dans un cimetière plutôt que mort dans un hôpital ! Ce point de vue souvent partagé ne l'empêche pas de porter à la poésie un culte contagieux. Michel Dansel, amoureux de la face cariée des closes, est pathologiquement parisien. Pour qui, un monde dépourvu de poésie et d'humour est un monde irrecevable. Mais si ce monde est veuf de dimension spirituelle, symbolique et initiatique, il lui devient impraticable et dangereux. Auteur ce nombreux ouvrages sur Paris, il est aussi l'auteur de romans d'action, dont le la part de Barbara", qui reçut le prix du Quai des Orfèvres.

 

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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 20:33

couvratQuelques extraits :

 

Quand nos psychologues nous entretiennent sur l'intelligence de cet animal, ils nous parlent du rat de laboratoire, c'est-à-dire du rat en milieu carcéral, de celui qui a le mieux répondu à leurs tests. Un individu que l'on soustrait aux embûches du quotidien, avec tout ce que cela comporte de périlleux pour un surmulot, et aux multiples formes d'agressions rencontrées en milieu ouvert, et que l'on aliène, deviendra peut-être un pur esprit, mais à coup sûr un infirme.(...) De nombreuses études, notamment aux Etats-Unis, ont été publiées sur l'intelligence du rat italiénéit ; je ne nie pas leur importance ni leur intérêt, mais, d'un point de vue affectif, aux sous-produits de la race je préfère nos vaillants rats d'égoût. (p21)

 

Illustration parmi d'autres :

 

Pour vider une bouteille d'huile, les rats forment une pyramide. Celui qui se trouve au sommet vient à bout du bouchon à l'aide de ses griffes et de ses dents puis il introduit sa queue dans le col de la bouteille, après quoi il la retire et la donne à sucer à ses copains, et ainsi de suite. Quand sa queue ne touche plus le niveau, les malicieux se mettent à pousser tous du même côté et parviennent ainsi à renverser la bouteille. Pour la joie de tous l'huile se répand. (p23)

 

L'histoire suivante, très triste, peut laisser perplexe, elle est donnée sans source :

 

Un jour, deux petits rats se promenaient benoîtement côte à côte. Soudain retentit un coup de carabine. L'un des deux promeneurs, touché à mort, s'écroula. L'homme, qui commit ce crime, allait en commettre un autre, mais il remarqua que le rat qu'il n'avait pas tué venait de s'immobiliser. Avec précaution, il s'approcha de lui et constata qu'il était aveugle. Quant à celui qui gisait sur le sol, il tenait dans son museau une brindille pour guider son compagnon de cécité. (p25)

 

L'auteur montre peu de compassion pour les victimes humaines de nos "frères approximatifs" (âmes sensibles, tenez-vous pour averties, bon appétit si vous passez à table...) :

 

Certains rats-grenouilles, formés à l'école des commandos de la marine de Ratopolis, n'hésitent pas à s'introduire dans un appartement en empruntant les canalisations des WC. Ils ressortent par la cuvette ; si celle-ci se trouve envahie par un postérieur confiant au moment où le gaspard débarque du siphon, l'animal, assurément désappointé par la hideur du spectacle, rebroussera chemin. Mais, par vengeance, il risque de vous mordre la peau des fesses, le dahlia ou les coloquintes ! (p46)

 

Dans le même esprit, pour que ce soit encore plus clair :

 

Si vous croisez un rat dans l'escalier, en supposant que vous montiez et que lui descende, soyez courtois : aplatissez-vous, soit contre le mur, soit contre la rampe, faites comme s'il s'agissait d'un grand maître en n'importe quoi !

 

Dans le code du savoir-vivre ratier, c'est toujours l'homme qui s'efface devant l'animal même si ce dernier occupe, dans sa société, une fonction sociale inférieure à la vôtre. Ainsi, un ministre-homme fera un écart devant un manoeuvre-rat. (p48)

 

Plus sympathiques, les apprivoisements de rats, notamment par des prisonniers, comme Latude (détenu 35 ans pour avoir tenté de duper la Pompadour, et célèbre pour ses évasions manquées). Alors qu'il y avait déjà laborieusement attiré un couple :

 

Quelque temps après, il s'en présenta un troisième : celui-ci fit moins de cérémonie ; dès sa seconde visite, il fut de la famille et parut s'en trouver si bien qu'il voulut que ses camarades partageassent mon amitié et mes faveurs ; le lendemain, il vint accompagné de deux autres. Ceux-ci, dans le courant de la semaine, en amenèrent cinq ; de sorte que, dans moins de quinze jours, notre société fut composée de dix gros rats et de moi. Je leur donnai à chacun un nom, ils ne tardèrent pas à le retenir et à se reconnaître quand je les appelais ; ils venaient manger avec moi dans le plat ou sur mon assiette, mais je me trouvais assez mal de cette licence et je fus forcé de leur mettre un couvert à part pour éviter leur malpropreté. (p41)

 

Il conseille de l'imiter, même si on n'est pas détenu :

 

A l'occasion de dîners mondains vous vous taillerez un franc succès quand, par exemple, la maîtresse de maison, qui, avec le cristal et l'argenterie, aura mis les petits plats dans les grands, entrera dans la salle à manger avec un plat particulièrement fin, suivie de quelques surmulots bien dodus...

 

Evitez de laisser votre bibliothèque entre les pattes de vos petits protégés. Plus évolués que nous ils ne lisent pas un livre de temps en temps ; eux, ils dévorent ! (p43)

 

La conclusion est une lettre ouverte :

 

Cher ami et défenseur de notre peuple,

 

Au nom de la ratocratie universelle et les auspices de tous les surmulots et rats noirs de l'Univers, c'est en ma qualit‚ de Président de la République de Ratopolis qu'il me fait joie de vous adresser cette messagère. (...)

 

Aussi, notre grand et Suprême Conseil du rite norvegicus, a-t-il décidé de vous élever au 34ème degré de l'Ordre de la queue de rat de Ratopolis.

 

Nous avons constaté avec bonheur qu'il n'y a qu'une famille de rats que vous ne défendez pas. C'est le rongeur bipède français ou d'un type approchant qui sait tout, qui connaît tout, qui a tout vu et qui la ramène sans cesse! Je vous parle, cher Ami, du gégène de comptoir qui ne voit pas plus loin que son tiercé, mais également de la bécassine cosmétiquée, raciste, dédaigneuse et, bien entendu, ennemie du peuple des rats. (...) (p184)

 

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 14:16

Il y aurait un fort volume à écrire sur la vie aventureuse bigarrée et invraisemblable de Michel Dansel.

 

Homme aux multiples identités et aux nombreuses fonctions, même les dictionnaires qui le signalent en qualité de poète et d'écrivain présentent à chaque fois un personnage différent. Sous le label «Sortilèges », une sous-marque de la société d'éditions « Les Belles Lettres » (1997), on peut lire que Michel Dansel est né sur un paquebot nu large de Baltimore le 21 janvier 1940. Sa mère, la princesse Tatiana Koulouchlcine de Mitriakova, l'initia tôt à la littérature. Sociologue de l'insolite, outre des romans d'action en guise de prétexte à la poésie, il a publié de nombreux livres sur la face cachée des choses. Mais les pistes ne sont pas si simples. Elles se contredisent même parfois. Ainsi, dans le Dictionnaire de la poésie française contemporaine (Larousse, 1968), le poète Jean Rousselot atteste que Michel Dansel est né à Paris cinq ans plus tôt. Il précise que ses deux premiers recueils ont suffi à attirer l'attention de la critique sur ce poète crispé, rebelle, créateur d'heureux néologismes, d'images vigoureuses et insolites. Grand voyageur, grand lecteur, il s'est intéressé à la métaphysique chinoise au point de la faire sienne.

 

Face à un personnage aussi énigmatique, que l'on ne peut débusquer que dans certains restaurants ou cafés de quartiers, notamment dans le 14ème arrondissement de Paris, loin des cercles littéraires, des milieux intellectuels à la mode et des mondanités, j'ai entrepris de me pencher sur le cas Dansel. Je me suis tout d'abord aperçu que sur son compte les informations les plus contradictoires circulaient. Sur le plan strictement littéraire, dans le Dictionnaire des littératures (Larousse, 1985), il est mentionné que cet auteur poursuit un même itinéraire poétique, et qu'il passe par l'exploration des fantasmes les plus souterrains. Jean-Louis Depierris, dans un livre intitulé Onze nouveaux poètes insoumis (Éditions Saint- Germain-des-Prés, 1975), consacre à Dansel une étude sous le titre D'un cynisme prophétique. Dans ce panorama figurent notamment André Pieyre de Mandiargue, Jean Rousselot, Jean Breton...

 

Dans l'un de ses récits, Carnet de mémoire ( ditions Résidence, 1999), qui à l'évidence est un livre à caractère autobiographique, Danse! écrit : Pour les besoins de ma mission, je venais d'endosser un nouvel état civil. Je m'appelais Hans Buchmann, j'étais né à Salzbourg ; mon domicile se trouvait à Vienne et ma spécialité de minéralogiste me conduisait à préparer une thèse sur les pierres semi-précieuses du Chili... Dans ce même livre, Dansel s'appelle Karl Isambart, il est né à Bourges le 17 août 1936. Il participe à des tournois d'échecs dans les pays de l'Est et à Paris. Comment démêler le vrai du faux, l'affabulation de la réalité ? En me gardant bien de l'en prévenir, je me suis livré à quelques recherches sur son curriculum vitae. Or, à la faveur de la publication de ses poèmes, il m'a permis de lui consacrer ces pages, et de révéler quelques précisions sur sa vie privée. Ce qui surprend avec cet étrange personnage, c'est que la vérité est partout et ne se fige nulle part. Pour revenir sur ce qu'il mentionne dans son Carnet de bord, Danse! parle effectivement allemand, s'est beaucoup passionné pour la gemmologie, n'ignore rien de la Ville de Bourges et de son histoire, a disputé des tournois d'échecs, connaît particulièrement bien le Chili, dans sa topographie, dans sa culture et dans ses traditions. Il y a quelques années l'Ambassade du Chili, à Paris, lui a même demandé, pour les besoins de l'édition d'un luxueux calendrier, d'écrire l'histoire de ce pays. Après vérification, j'atteste que son texte a bien été édité.

Sur cet insaisissable vagabond de la vie souvent jalousé par ceux que la génétique n'a pas comblés de ses dons et de ses talents, mais le plus fréquemment ignoré, mis au placard, ostracisé pour ses opinions décalées ou son culte de la provocation, Depierris offre une approche assez fidèle de la réalité : Sa poésie de révolte délivre, dans le ton narquois et la ruse, une lucidité impitoyable. D'humour sarcastique, d'ironie âcre, d'allégresse rageuse, son accent agressif dénonce les faux-semblants, débusque les fantasmes, s'enflamme contre les turpitudes.

 

Dans ce défi jeté à l'existence (la sienne est souvent dangereuse, nombreuse, contraignante), Dansel, dru, mordant, a toujours des comptes à régler avec des déchirements et des rebondissements fantastiques. À mi-chemin du cynisme et du dédain, sa voix rude, aux sonorités acerbes, fustige l'infamant à coups d'images syncopées.

 

J'ai voulu mieux comprendre pourquoi Dansel était si jalousé, parfois détesté et tenu à distance par ceux qu'il appelle les fonctionnaires de la vie, les mulets, les chèvres, les apparatchiks du hochet, les essayeurs de paillassons, les ronronneurs plénipotentiaires, les donneurs de leçons toujours prêts à baisser leur culotte, les chiens coiffés de la fraternité verbale, les dictateurs de la pensée et tous les résidus de fausses couches qui friment avec leur statut de petits chefs et qui vont à la gamelle pour servir les causes les plus infâmes.

 

Dansel ne donne pas dans la dentelle, surtout pour ceux qui lui taillent des costumes dans le dos. Mais il est le premier à prêter le flanc par ses formules cisaillantes qui procèdent de la pure provocation. Ceux qui prennent ses propos au premier degré ont, je le reconnais, toutes les bonnes raisons de le clouer au pilori. Pour m'en assurer j'ai voulu le soumettre à la question.

— Que détestez-vous le plus dans la vie ?

— Le café au lait et les enfants (bien qu'il ait lui-même une âme d'enfant).

— Qu'appréciez-vous le plus dans la vie ?

—Les cimetières pour ne plus entendre d'âneries. D'ailleurs, je préfère être vivant dans un cimetière que mort dans un hôpital ! (il sait de quoi il parle, lui qui a écrit plusieurs livres sur les cimetières parisiens, où une érudition sans faille sert de tremplin à un humour décapant).

— Que pensez-vous de la psychanalyse ?

—   Un trou de balle avec du vide autour.

— Donnez-moi votre point de vue sur la religion.

—   La religion, n'importe laquelle, représente pour moi un sucre d'orge qui permet à certains de penser qu'ils se lècheront les doigts après leur mort.

— Aimez-vous les femmes ?

—   Oui, mais en sauce seulement !

— Seriez-vous misogyne ?

—   Avec les garces, les saintes-nitouches, les dindes et les bécasses certainement plus qu'avec les autres !

—   Et sur le plan sexuel, quels sont vos rapports avec les femmes ?

—   Intimes !

—   Pourquoi ne répondez-vous jamais sérieusement aux questions que l'on vous pose ?

—   Parce que dans la vie il n y a rien de sérieux (je ne suis pas sûr qu'il en soit convaincu, mais il pourfend avec raison l'esprit de sérieux qui n'a que faire des drames très réels de l'existence).

 

— Êtes-vous intolérant ?

— fe m'économise car, compte tenu du très grand nombre de nécessiteux, il faut économiser son intolérance.


Michel Dansel est un provocateur, un excentrique positif, un bâtisseur qui n'entend pas se réfugier dans le rêve et l'abstraction. Il n'a aucune indulgence pour les donneurs de conseils ; pour ceux qui promettent, histoire de se donner bonne conscience, et qui ne remplissent pas leur contrat ; pour les couards, les ventres mous, les gardes-champêtres de la normalité...

Quand je me suis proposé d'écrire un texte introductif à sa Marelle bleue, Dansel m'a traité de lapin de garenne, de pissenlit vérolé, de hongre pestiféré, de surmulot de fosse d'aisance, et de bien d'autres qualificatifs tout aussi gracieux (j'ai échappé de justesse à la « vipère lubrique ») ! Par bonheur, je connaissais l'homme pour sa brutalité verbale, pour ses formules imprécatoires, pour son caractère difficile à décrypter. Et je savais que cette avalanche d'aménités révélait au fond combien il était secrètement heureux de ma proposition. Tant de rugosité avait toujours masqué chez lui un écorché vif, un coeur généreux et même attendrissant, un authentique poète doté de solides qualités, une pépite rare en décalage avec l'état d'esprit et les pratiques de ses contemporains trop bien formatés.


Michel Dansel est un homme à prendre ou à laisser. Avec lui, il n'y a pas de demi-mesure : ou l'on marche avec lui, ou il vous gratifie de son indifférence. Toutefois, il convient de mettre à son crédit qu'il refuse ardemment toute forme de dogmatisme, toute dictature de la pensée, tout embrigadement au nom d'une idéologie. Il aime les autres sans distinction de race, de croyance ou de statut social. Mais il est évident que son attitude et son franc parler ne manquent pas de déplaire, d'indisposer, et de le rendre insupportable dans les milieux littéraires les plus feutrés. Individualiste forcené, il ne manque pas de déclarer que le drame de chacun est d'agir comme un autre.


Parmi les formules dont Dansel est l'auteur, en voici quelques-unes qui ne manquent pas de surprendre, d'indigner ou d'amuser, mais certaines d'entre elles forcent la réflexion :

Le propre de l'Homme serait de ne pas être sale.

On n'a pas la foi comme l'appendicite.

La naissance comme la mort ont des portes qui ne s'ouvrent que dans un seul sens, mais toujours vers l'extérieur.

 

Souffrir tout seul c'est au moins souffrir pour deux.

Juste après être passé chez le coiffeur, si l'on vous dit « vous êtes allé chez le coiffeur », changez vite de coiffeur.


II ne faut pas vouloir monter trop haut quand on ne sait pas redescendre.

S'il y a vraiment un Dieu, pourquoi les religions existent- elles ?


Quand dans ton carnet d'adresses tu croises plus de morts que de vivants tu peux estimer que tu as pris de l'âge.


Je plains de toute mon âme ceux qui ne savent rien, mais je redoute et plains plus encore ceux qui prétendent tout savoir.

Contrairement à la fortune, la mort est une chose qui arrive à tout le monde (et la dérision, que Michel Dansel pratique en virtuose, est un antidote efficace à l'angoisse que suscite l'infâme Camarde).


Croire ou ne pas croire, l'essentiel est d'espérer.


Le progrès c'est la permanence dans la mouvance et la mouvance dans la permanence.


Prendre des risques, c'est courir plus vite que soi.


Si ta ligne d'horizon ne change pas, c'est que ton esprit est statique. Si ton esprit est statique, tu ne peux pas apprendre à savoir. Si tu ne peux pas apprendre à savoir, tu es programmé pour épouser le premier dogme qui se présente à toi. Si tu es programmé pour épouser le premier dogme qui se présente à toi, nous ne marchons pas sur le même chemin.

La poésie est partout mais assez rarement dans un poème. Qui ne sait s'essuyer la bouche doit avoir le cul sale.


On peut très bien ne pas faire grimper les femmes aux rideaux et néanmoins poser les tringles.

Et si l'argent n'existait pas, à qui cela serait-il profitable ?


La vie de Michel Dansel est hachée, déhanchée, singulière et plurielle. Né à Paris (parce qu'on finit bien par débusquer la vérité !), il a grandi dans une maison familiale à Vallières, entre Troyes et Tonnerre, non loin de Chaource, à la lisière de la Champagne et de la Bourgogne. Dès sa petite enfance, il a connu la Pension Gay, aux Lilas, puis le Ménilmontant encore Champêtre et faubourien, la zone, les hauteurs du vingtième arrondissement et toutes les banlieues alentours : Bagnolet, Montreuil, Noisy-le- Sec, Romainville...


Engagé volontaire dans la Marine Nationale, il aurait pu devenir militaire de carrière ou prêtre pour souscrire aux souhaits de certains membres de sa famille, mais son culte de la liberté l'a conduit à choisir une destinée autre car sa vocation était ailleurs. Tôt sollicité par l'écriture, c'est vers l'âge de douze ans qu'il écrit ses premiers poèmes et, au grand désespoir de sa famille, qu'il manifeste le désir de devenir écrivain.


La vie de Dansel est émaillée de zones d'ombre, de trous et d'inattendus. On le retrouve notamment comme capitaine d'un caboteur au-dessus du Cap Nord, comme voyageur en Laponie, comme nouvelliste à Stockholm, comme professeur de français à Hambourg, comme arracheur de clous à Kirkenes, en Norvège, à la frontière russe, comme ours pour photographe sur les bords du lac Léman, comme résident dans la Bulgarie stalinienne pour y accomplir « des missions culturelles ». Il ne s'agit là que d'un bref aperçu de sa vie pleine à craquer. Tous ses déplacements, tous ses voyages, toutes ses missions ne sont que des prétextes à une démarche poétique fulgurante. Au fil de ses transhumances, il donne des conférences, publie des articles, participe à des tournois d'échecs à travers toute l'Europe, approche nombre de personnalités. Et il se retrouve un beau jour à la Sorbonne pour soutenir une thèse sur Tristan Corbière. Par ailleurs, Diplômé de l'École Pratique des Hautes Études, il aura à son jury de grands noms de la littérature comme Jean Cassou, Roland Barthe et Gaétan Picon. Très attaché au concept de modernité, les poutres maîtresses de ce hors clan sont la poésie et l'humour. Outre certains classiques incontournables, et les poètes de la Pléiade, ses auteurs préférés sont, notamment, Nerval, Baudelaire, Rimbaud, Jules Laforgue, Tristan Corbière, Lautréamont, Charles Cros, Germain Nouveau, Alfred Jarry, Apollinaire, Cendrars, Max Jacob, Robert Desnos...


Dans cette Marelle bleue se trouvent regroupés certains extraits de ses précédents recueils. Mieux que tout essai de biographie ils dévoileront au lecteur l'aventure intérieure d'un esprit libre congénitalement voué à la parole créatrice.


ANDRÉ MONNIER

Professeur émérite à l'Université de Paris-Sorbonne

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 12:29

 

Michel Dansel, amoureux de la face cachée des choses, est pathologiquement parisien. Pour lui, un monde dépourvu de poésie et d'humour est un monde irrecevable.

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